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Cultes et rites des Soninké et des Kakolo.
I. Culte de Bida.




Cultes et rites des Soninké et des Kakolo.
I. Culte de Bida.

(Selon le livre « l’empire de Ghana. Le Wagadou et les traditions de Yéréré »).

L’interdit fondamental du culte de Bida était, pour les Soninké de deux sexes, le mariage ou toute relation sexuelle avec un partenaire peul.
Nous avons vu que le gouffre labyrinthe où vivait Bida était gardé nuit et jour par des Kousa dont le quartier s’édifia tout à coté, afin que soit respecté cet interdit : nul n’avait jamais le droit de s’en approcher. Personne n’a jamais bu ni utilisé l’eau du gouffre, à l’exception très rare de soins apportés à certaines maladies.
Dans des cas exceptionnels, Bida sortait du gouffre et les wage le voyaient en général dans leur demeure ; s’il se trouvait dans la chambre d’une femme, il annonçait une naissance. Si on le rencontrait dans la brousse, il annonçait un décès.
L’accord conclu avec Bida par Diabé Cissé et les ainés des clans qui l’accompagnaient comportait, comme nous l’avions dit le don annuel d’une jeune fille. Elle pouvait être désignée dans l’un ou l’autre clan de l’empire, mais ne devait en aucun cas être une descendante de Dinga ou de l’un de ses frères ; ce don était considéré comme un mariage.
Le rituel le prouve. Le choix de la « fiancée » de Bida avait lieu dans le palais du Kaya Maga : trois mois avant la date prévue, cent filles et cent pouliches étaient réunies chez lui, où elles étaient logées et nourries. Lorsque les trois mois étaient écoulés, un jury se constituait : les filles soigneusement vêtues et parées défilaient devant les membres de ce jury qui choisissait celle qu’ils considéraient comme étant la plus belle. Un choix parallèle avait lieu ensuite après examen des pouliches. La jeune fille désignée restait chez le Kaya Maga tandis que toutes les autres étaient libérées. Elle connaissait son sort, mais devait s’incliner devant la loi d’état, due au serment de ses ancêtres, contre laquelle personne ne pouvait s’insurger.
Au solstice d’été, et très précisément le « septième jour du septième mois » du calendrier Soninké, on la revêtait de bleu ; elle était ensuite dévêtue et baignée rituellement, puis elle mettait des vêtements blancs. La cérémonie débutait par le départ du cortège qui l’accompagnait. Il était composé de la façon suivante :
- En tête le plus âgé des gessere généalogistes tenant la lance rituelle ;
- L’un de ses suivants portant sur la tête un petit tabouret en or confectionné pour la cérémonie. Il avait une forme particulière : le siège était circulaire et était soutenu par quatre pieds regroupés sur un support, plus petit et également circulaire ;
- Tous les autres généalogistes ;
- Puis le Kaya Maga ;
- La jeune fille montée sur la pouliche désignée par le jury et portant une cuiller en or ;
- Ensuite les « nobles » wage ;
- Enfin tous les habitants des lieux.
La jeune fille montée sur la pouliche avait donc en main une cuiller, comme toute jeune mariée. Lorsque le cortège arrivait près du gouffre de Bida, elle mettait pied à terre, donnait la bride au gessere. Ce dernier lui remettait la bride dans la main gauche, avec laquelle elle avait jusque là porté la cuiller qu’elle prenait dans la main droite. Elle s’asseyait sur le siège : asseoir la jeune fille sur un siège et lui donner en main la bride d’une pouliche, c’est souligner qu’il s’agissait d’un mariage. Tous les assistants se retournaient et quittaient les lieux à l’exception des responsables. Ils formulaient alors des vœux et le « mariage » se transformait en « sacrifice ». Bida enlevait la jeune fille, la pouliche, la cuiller et le siège.
Quarante jours après, le Kaya Maga faisait opérer un sacrifice de purification générale sur un autel de pisé dit tuneguro et offrait dans l’ordre : des noix de cola blanches, des noix de cola rouges, du lait frais, de l’eau de farine de petit mil (sanyon), des coqs rouges et un bouc rouge.


M.SACKO 04/13



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