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Un Soninké dans l’Histoire.

« Heureux et fier celui qui se dit Soninké »


Maghan Diabé CISSE.
J’ai lu quelque part que selon un hadith, la première parole de Dieu lors de la Résurrection sera :
« Je suis le Roi, où sont tous les rois de la Terre ? » Magnan Diabé CISSE sans conteste, sera l’un de ceux-là.
En effet, si Mama Dinga, «Ancêtre Dinga», fut le défricheur du Wagadou ainsi que celui qui a introduit le cheval en Afrique de l’Ouest, en revanche, c’est son fils cadet Diabé Cissé, «Le béni des dieux et le cavalier émérite, qui a créé au Wagadou le premier grand empire en Afrique : l’empire de Ghana ou encore l’empire du Wagadou.



Image representant un Kaya Maka du temps de l'empire du Wagadou.

Qui est Maghan Diabé CISSE ? Quels sont ses hauts faits ?

Diabé CISSE, né jumeau de Bida, est le fils cadet de Mama Dinga et de Sina Dommo Kouso (une des trois épouses du Sahel de Dinga).
Diabé Cissé est le fondateur de l’empire du Wagadou, il devint le premier Kaya Maka des territoires conquis par les « gens de Sonna » Soninké, c'est-à-dire du pays qui fut nommé « pays des wage ».
Pour tous les Soninké, Mangha Diabé CISSE est le « père » et le « chef » dont il porte le titre : Mangha . Il reste à jamais le défenseur du territoire, auquel les ancêtres de tous les clans ont prêté serment, un après midi, sur la « pierre » de Dyenguédé. Un contrat fut scellé par Diabé avec Bida, il instaura donc le culte de Bida.
Diabé, lorsqu’il devint chef suprême, Kaya Maka du Wagadou, reçut le patronyme sise(Cissé), cavalier (de si, cheval) ; il fut déclaré « responsable de tout ».
Sous son règne l’empire du Ghana, un vaste empire s’étendant du haut Sénégal au haut Niger, englobant le Tékrour et le pays mandingue, a développé une brillante civilisation à travers une organisation politique remarquable et une vie économique assez élaborée. Les chroniqueurs ou géographes arabes, Al Bakri et Ibn Hawkal, rapportent que « l’empire de Ghana était riche et très bien organisé ».

-L’accession au pouvoir de Diabé CISSE.
La version légendaire de l’accession au pouvoir de Diabé a fait l’objet de plusieurs publications. Le texte enregistré par Diarra Sylla souligne l’intervention de personnages ayant joué un role dans cet épisode.
Térékiné, l’ainé des fils de Dinga, né de Katana Bori, devait recevoir de son père les « pouvoirs » de ce dernier liés à son autorité, qui lui permettraient d’exercer la chefferie. Dinga, très âgé et devenu aveugle, voulut les transmettre. Térékiné était le préféré de son père ; mais il ne pouvait supporter que Sitouro soit encore plus proche de son père et qu’il soit devenu la cheville ouvrière de ce dernier. Il est un fait courant dans les familles africaines que les captifs fassent partie de la famille : s’ils y vieillissaient, au moment où leur maître-compagnon mourait, ils pouvaient se conduire comme le fait le patriarche d’une famille.
Sitouro n’a pas voulu que Térékiné, qui le traitait d’une façon indigne, reçoive les pouvoirs d’autorité de Dinga, étant donné qu’il ne respectait pas les gens d’âge et que, de ce fait, il ne se comportait pas comme doit le faire un véritable noble et un futur chef. Il décida que ces pouvoirs d’autorité seraient transmis à Diabé, dont il connaissait et appréciait le caractère. Et pour cela il usa de subterfuges. Seul le fils ainé d’une famille portait une bague à l’annulaire gauche, une boucle d’oreille à l’oreille droite et un bracelet au bras gauche, témoins de sa séniorité. La boucle d’oreille était d’or pur et torsadé. La bague et le bracelet, faits d’argent, étaient surmontés de rectangles de même métal gravés de signes. Diabé, le cadet, n’était pas de même mère que Térékiné ; il n’était pas velu comme l’était son ainé ; il ne portait pas de bijoux.
Sitouro, s’étant procuré les bijoux de Térékiné ou, selon une autre version, ayant suggéré à Diabé de les lui emprunter, accompagna ce dernier chez son père après avoir mis sur sa poitrine une peau d’ovin. Dinga, ayant tâté la poitrine velue et touché sur les doigts et l’oreille les bijoux, transmit rituellement à Diabé les pouvoirs qui auraient dû normalement être remis à Térékiné. Il donna aussi des ordres précis qui déterminèrent, entre autres, la migration de ses enfants.
Après l’intervention de Sitouro et après avoir reçu les instructions et les « pouvoirs » de Dinga, Diabé s’est lavé dans les sept jarres de son père qui étaient les répliques de celles que ce dernier avait consacrées à Dalangoumbé. Il s’est lavé sept fois dans chacune d’elles et s’est roulé par terre après chaque ablution. Son corps humide, se roulant par terre, était chaque fois couvert de petits grains de sable : ceux –ci représentaient la multiplicité des hommes qu’il maintiendrait sous sa domination. Sitouro a ensuite brisé les jarres de Dinga afin que personne après Diabé ne puisse prendre le pouvoir et surtout pas Térékiné, qui insultait les gens d’âge en sa personne. Quand Térékiné arriva pour se plaindre près de son père aveugle, celui-ci, « tapant sur ses cuisses », lui dit que sa gourmandise était la cause de sa déchéance car, avec grossièreté, il enlevait et consommait la nourriture destinée à Sitouro. « Je ne puis te donner aujourd’hui que la pluie, a-t-il ajouté, qui était destinée à ton frère cadet.»
Après cela, Dinga distribua tout le reste de ses biens en dehors de sa famille. Car dans les familles nobles, quand un patriarche sait que sa progéniture va acquérir les connaissances, le pouvoir et les responsabilités, il ne garde plus rien ni pour lui-même ni pour ses descendants et donne ce qu’il a à ceux qui en ont besoin. C’est cette générosité (banaya) si souvent évoquée par les généalogistes qui est considérée comme à l’origine de la prospérité du Wagadou.
Quand il arriva au Wagadou, Maghan DIABE était suivi de quarante quatre clans, des autres enfants de Dinga.
Il avait avec lui trois cents clans d’esclaves. Les hyènes (Diaba et Diatourou) et Kardigué, animaux sacrés de Mama DINGA les conduisirent au puits où vivait Bida. Les gessere dirent :
« Ancêtre Manga, bonsoir
Diabé Cissé, riche fils de Dinga, bonsoir
Goumané fade, fils de Sato
Kaya Maka, Kaya Maka l’ancien, bonsoir
Kaya Maka, Kaya Maka le premier, bonsoir
Jalla nyaame, jalla nyaame do muro nyaame
On entonna l’hymne nyaame à Koumbi pour Diabé Cissé, le riche fils de Dinga
CISSE de Nakhé Sampi, Cissé de Nakhé Woura, Cissé de Woura M’Batama
Il a plu de l’or à Koumbi pour Diabé Cissé, le riche fils de Dinga
En abondance, (mais) ce n’était pas un don gratuit.
La dyelefure est la plus remarquable des vaches
De même Diabé Cissé, riche fils de Dinga, est le plus remarquable.
Le sawane est le plus remarquable des chevaux
De même Diabé Cissé, riche fils de Dinga, est le plus remarquable.
Le gofige est le plus remarquable des ânes
De meme Diabé Cissé, riche fils de Dinga, est le plus remarquable.
Le coq satuko est le plus remarquable des coqs
De même Diabé Cissé, riche fils de Dinga, est le plus remarquable.
Le dago mâle est la plus remarquable des autruches
De même Diabé Cissé, riche fils de Dinga, est le plus remarquable.
Khouloudjoumou (le nil) est le plus remarquable des fleuves
Torosina (le mont Sinaï) est la plus remarquable des montagnes
Le belier djakakimba est le plus remarquable des béliers
De même Diabé Cissé, riche fils de Dinga, est le plus remarquable.
Les temps deviennent difficiles quand les valeurs des wage s’éloignent
Les clans Cissé sont au nombre de cinq,
Les Cissé sont nombreux mais ils ne sont pas tous des Cissé Tambodja
Les Cissé Tambodja sont nombreux mais tous ne sont pas des Madibani
Les Madibani sont aussi des Cissé ;
Les Cissé Madibani sont nombreux mais tous ne sont pas des Félékhoulani
Les Félékhoulani sont aussi des Cissé ;
Les Cissé Félékhoulani sont nombreux mais tous ne sont pas des Makhoubadjou
Les Makhoubadjou sont aussi des Cissé ;
Les Makhoubadjou sont nombreux ;
Les Cissé Kharessi ne sont pas les dépositaires de la tradition
Diabé Cissé , riche fils de Dinga, pourquoi irions nous importuner les autres fils wage alors que tu es vivant!
Manga, défenseur du parc de Djenguédé, bonsoir
Kaya Maka, Kaya Maka l’ancien, bonsoir
Makan l’ancien et son compagnon Djourou Tandjigo, bonsoir
Makan l’ancien et son compagnon Fougou Fougou Tandjigo, bonsoir.

-Le nom de famille Cissé.
Pendant toute la durée de l’empire, on comptait cinq clans Cissé portant les noms suivants :
Tambodyan, Madyibani, Karesi d’une part ; Falakonani et Makanbodyan d’autre part.
Les trois premiers sont constitués de descendants de Diabé ; les deux autres de ceux qui relèvent de famille de « prisonniers » de guerre dont on ne connait plus l’origine.
Intégrés dans l’armée, ceux-ci avaient suivi partout Diabé Cissé et avaient combattu pour lui. Il leur avait accordé le droit de porter le nom de Cissé ainsi qu’a leurs descendants.
Les unions matrimoniales pouvaient avoir lieu entre les membres de trois premiers clans, qui n’épousaient jamais ceux des deux autres.
D’autre part, c’est seulement au sein des premiers que pouvait être choisi un Kaya Maga.
Les Karesi jouèrent un rôle important, car c’est au sein de ce clan que furent d désignés les chefs suprêmes.
La devise des Karesi, sise Karesi wagadu nyaame, est révélatrice de leur statut. Elle peut être traduite par une périphrase si l’on tient compte du sens des termes employés. Karesi désigne un « guerrier brave » kare, à « cheval » si ; nyaame est le nom du rythme joué sur l’instrument de musique des gessere en l’honneur de Diabé lors de la première conquête et de l’occupation du territoire (ce serait le nom d’une ascendante noble de Diabé que les traditionnalistes n’ont pas pu ou voulu situer, d’après Youssouf Tata Cissé).
Ce rythme évoque le galop de chevaux de guerre : il fut par la suite toujours exécuté lorsqu’un gessere récitait les devises des wage.
Ainsi, les Cissé Karesi ont pour devise : « cavaliers, guerriers courageux, nobles (par excellence) du wagadou ».
Elle souligne leur statut et le rôle fondamental qu’ils assumèrent jusqu’à la trahison et l’abandon du culte de Bida ; soit le pouvoir d’un clan au sein d’une classe dirigeante.
La tradition compte trente –trois Kaya Maga Cissé ayant exercé le pouvoir, le trente- quatrième étant un Touré. Compte tenu de la durée accordée à cet empire, la question se pose de savoir s’il s’agit d’individus ou de dynasties.
La sécheresse ayant fait fuir les habitants du Sahel, l’empire s’effondra.


Sources (livres) :
- la tradition de Yéréré sur l’empire du Wagadou.(Diarra SYLLA et de Germaine Dieterlen)
- Le mythe Soninké du Wagadou : Vie et mort d’un Empire. Selon Bassirou Dieng,
- l’Eclipse des Dieux De Tidiane N’Diaye
- L’origine du Soliyo des griots.( Youssouf Tata Cissé)

M.SACKO 12/13



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